Portraits

Focus paysagistes - Jean et sa coopérative, une question d’adaptabilité

Mis à jour le 26/02/2024

Jean Guilerme

Artisan “touche à tout”, le paysagiste peut être amené à proposer des services de terrassement, de plomberie, de carrelage, de menuiserie, de toiture, d’électricité…
Ce métier tend à se développer au sein des coopératives du groupement ORCAB, qu’elles soient “bois”, “bain” ou “construction”. Les portraits et témoignages qui suivent soulignent l’adaptabilité et l’ouverture des coopératives face aux évolutions.

Fils d’agriculteur, Jean Guillerme a obtenu un BTS pour « rester dans le végétal » et devenir paysagiste. Bricoleur, notamment attiré par la soudure et les casse-têtes techniques, il s’est d’abord fait recruter dans l’entreprise d’un fabricant de parpaings écologiques en chanvre et chaux pour créer les machines et développer la production. « J’ai beaucoup appris pendant ces deux années », relate-t-il.

 

Il monte une première entreprise en 2010, Côte sud paysage, qui offre des services d’entretien de jardins, et une deuxième en 2018, Côte sud création, qui conçoit des jardins dans la région de Carnac (56), une station balnéaire dont la cote de popularité ne fléchit pas.

Jean Guillerme

« Il y a deux ans, nous étions six salariés, mais du fait de l’augmentation des prix pour se loger, je ne trouve plus de main d’oeuvre qualifiée. Avec un seul employé aujourd’hui, j’ai dû abandonner certains contrats », explique Jean. Tous les deux, ils réalisent des travaux de petit terrassement, de menuiserie, de maçonnerie paysagère, de plomberie, et d’électricité avec l’aide d’artisans électriciens.

Jean Guillerme

Adhérent CAB depuis bientôt 4 ans, Jean a immédiatement adhéré aux principes de la coopération, pour ses valeurs et ses avantages. « Une petite entreprise comme la mienne n’a pas assez de poids pour négocier, la coopérative est vitale. C’est aussi une aide précieuse pour la gestion des achats via le site Eolas, qui permet de commander et d’avoir des tarifs sans attendre. Pour la partie création de jardin, je commande à 70% auprès de CAB (bois, clôtures...) et de MCS (électricité, câbles...). Travailler avec CAB est pertinent pour ma petite structure, car j’ai peu de besoin en maçonnerie et travaille surtout en menuiserie », conclut Jean, qui constate les efforts menés par sa coopérative pour rentrer de nouvelles références spécifiques à son métier malgré les problématiques de stockage.

Jean Guillerme

Le point de vue de Pascal Coudrais, directeur délégué CAB

Le nombre des paysagistes est modeste chez nous, il représente 15 entreprises sur 460 adhérentes. Il existe un potentiel, c’est un marché qui a de l’avenir, mais, à ce stade, nous n’avons pas toutes les armes pour répondre à la polyvalence de ce métier, car nous ne gérons pas le gros oeuvre. Par contre, la proximité avec MCS, ainsi que les outils de coupe de bois et de calcul de charges que nous mettons à disposition représentent des atouts pour les paysagistes. Nous avons développé des gammes de produits pour eux (clôture, ardoises paysagères, portails, etc.). Pour l’instant, nous ne mettons pas à disposition une offre complète, mais peut-être qu’un jour nous développerons une activité de gros-oeuvre, ce qui permettra de satisfaire entièrement ces artisans.

Pascal COUDRAIS