Portrait - Lydia Cormier, maçonne jusqu’au bout des ongles
Mis à jour le 20/03/2026
"Aussi longtemps que je me souvienne, je me suis toujours vue exercer un métier manuel. Petite, j’aimais traîner autour de mon père quand il bricolait. J’ai toujours rêvé de travailler avec lui », se remémore Lydia Cormier, cogérante de ALS Bâtiment, entreprise associée de PLURI’EL.
Elle suit pourtant des études liées à l’art et au design d’espaces, mais sans conviction. Après quelques petits boulots, elle intègre finalement l’entreprise familiale en 2017, pour la plus grande satisfaction de son père, Guy Cormier. « J’ai appris le métier sur le terrain grâce à lui. Je lui suis reconnaissante de m’avoir donné cette chance. »
Fondée en 2015 par Guy, ALS Bâtiment est une entreprise générale basée à Croisilles (28), entre Dreux et Chartres. Elle intervient en terrassement, assainissement, isolation, plomberie, électricité et peinture. « Nous réalisons aussi des salles de bain et de la pose de carrelage », précise Lydia.
La société emploie aujourd’hui cinq personnes, dont la mère de Lydia, aux fonctions de secrétaire. « Mon petit frère a aussi travaillé avec nous, avant de devenir pompier professionnel ». Sapeur-pompier, un autre lien familial. « Mon père est pompier volontaire et je l’ai été plus jeune. Nous devions participer à des cross, donc les dimanches, nous courions tous les trois », explique Lydia, sportive à l’énergie débordante. Amoureuse de la nature et des animaux, elle pratique le cani-VTT avec ses deux border collies, réunissant ainsi plusieurs passions.
Sa condition physique et son tempérament affirmé sont des atouts dans « un métier bourré de clichés ». « Travailler dans le froid, porter des charges lourdes, même si nous sommes outillés pour, c’est dur, avoue‑t-elle. Être femme et travailler dans le bâtiment, c’est comme avoir deux identités » exprime la jeune maçonne, très féminine quand elle quitte sa tenue de travail, sa « seconde peau », comme elle l’appelle.
« De tous les métiers du bâtiment, la maçonnerie est sans doute le moins féminin. Certains clients peuvent avoir des a priori, mais pour la majorité, cela ne fait aucune différence. Au contraire, je peux être perçue comme plus minutieuse. Pour moi, les différences sont une force. »
À 32 ans, Lydia a développé une philosophie de vie à travers son expérience professionnelle, où la notion de collaboration prime. Elle aime citer Antoine de Saint-Exupéry pour résumer sa pensée : « La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose qu’une pierre. Mais, de collaborer, elle s’assemble et devient temple. »
"J’y ai compris qu’il était dangereux de s’isoler. Notre entreprise a donc rejoint la coopérative en 2020. J’ai tout de suite adhéré au groupe de femmes Les Plur’ielles. Nous y apprenons beaucoup sur l’administratif."
Lydia Cormier
Cet esprit, elle le retrouve auprès de PLURI’EL, qu’elle a découverte via un club d’entrepreneurs. « J’y ai compris qu’il était dangereux de s’isoler. Notre entreprise a donc rejoint la coopérative en 2020. J’ai tout de suite adhéré au groupe de femmes Les Plur’ielles. Nous y apprenons beaucoup sur l’administratif. » Un poste que Lydia occupe aussi dans son entreprise, la préparant ainsi à reprendre le flambeau au départ à la retraite de son père. Pour l’instant, ils continuent de profiter de leur grande complicité sur les chantiers.